Ce deuxième axe, particulièrement prégnant dans le "jardin de derrière", est quasiment inexistant dans le "jardin de devant".
Il est matérialisé par l’alignement de la statue du Serpent, au milieu du potager décoratif, et de la statue équestre du général Alvear.
Cet ensemble est également scandé de bandes de gazon longilignes. Là encore, les allées contournent l’axe de symétrie occupé par les plantations. Le potager décoratif est traversé de passe-pieds dessinant une résille que des pommiers en espalier prolongent verticalement. Le dessin est composé de triangles qui, placés de chaque coté des carrés permettent de disposer le dessin global du potager sur des diagonales passant par le serpent. Au centre, le potager est partagé en quatre carrés, bordés de briquettes jointes. Michel Dufet décide de subdiviser les carrés centraux du potager en deux triangles chacun, grâce à l’usage de légumes de couleurs différentes. Déjà pour l’exposition des arts déco de 1925, Gabriel Guévrékian (1900-1970),créateur du jardin cubiste de la villa Noailles à Hyères (1928) avait proposé un « jardin d’eau et de lumière » où il juxtaposait des parterres en triangles de couleurs complémentaires. Michel Dufet, de retour du Brésil, et fréquentant le milieu des architectes depuis ses études à l’école des beaux-arts, avait probablement découvert ces recherches esthétiques. L’adoption d’un potager à caractère ornemental pour ce lieu n’est pas sans rappeler le travail de Joachim Carvallo (1869-1936) pour le potager de Villandry, réalisé entre 1914 et 1918.
À Egreville, Michel Dufet réalise un jardin qui montre qu’il a assimilé différents styles historiques. Au-delà du potager, le parterre axial s’insère dans une partie faiblement boisée de laquelle il est séparé par un rideau de peupliers traités en voile. En effet, la transparence est un élément récurent du jardin Bourdelle.
Aujourd’hui encore, les arbustes sont taillés de manière à ne pas opposer de masse opaque au regard du visiteur, ce qui leur donne des formes atypiques.